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Randonnée d'automne dans les Alpes : 25 au 29 septembre 2000
Départ en douceur ce premier jour; le temps est de notre côté, les pentes agréables, bref, le jour idéal pour se familiariser avec son cheval, la montagne et surtout le guide!
Réveil frileux sous la poussière de l'ancien Ranch Caribou. Une fois les estomacs remplis, nous partons sous le soleil matinal mais
déjà chaud pour les gouilles d'Esserts.
C'est affamés que les chevaux se jettent sur l'herbe et assoiffés que nous nous écroulons sur la terrasse du Refuge à Evolène. Après une bonne salade évolènarde, couverte de deux tommes chaudes et fondantes, nous voici prêts à affronter l'étape la plus coriace de notre randonnée: la montée à l'A Vieille 2500 m (Evolène 1400m). On traverse d'abord le village à cheval devant les quelques personnes qui avaient l'air de se demander d'où venaient ces cow-boys souriants, d'ici ou du Texas, du présent ou du passé… Le futur en tout cas s'annonce terrible car il faut « préparer psychologiquement les chevaux » en marchant devant eux à la montée un petit bout d'abord. C'est dans une splendide forêt de mélèzes jaunes-verts que nous sentons les genoux postérieurs des chevaux avec nos talons, tant la montée est rude. Ces puissants animaux avancent cependant avec force et courage sur ce chemin pentu, plein de racines et de cailloux. A chaque foulée nous nous sentons et nous nous voyons monter en altitude, jusqu'à ce que nous dépassions la limite des résineux les plus résistants. Après un bout à pied tout de même, on remonte à cheval pour traverser le dernier ruisseau, émerveillés par ce paysage sauvage de mille montagnes enneigées et d'herbe jaunie par le soleil, « ça vaut le Tibet » Tout au fond de la vallée les milliers de petites maisons ont l'air de dormir, car nous n'entendons pas le moindre bruit… Enfin, repos tant espéré dans un ancien abri à bétail restauré. Au coin d'un tournant, Ariane tient à nous prouver que la sangle de sa selle n'est pas assez serrée en se retrouvant par terre, les quatre fers en l'air, la selle sous le ventre du cheval avec Farandole qui la regarde sans broncher contrairement à Roger qui lui fait remarquer qu'il est plus judicieux de monter à cheval du côté de la pente. Après une pause de midi sur l'herbe et sous le soleil qui nous accompagne depuis le début de cette sublime randonnée, le prochain épisode mémorable est le triple galop au pieds des Pyramides d'Euseigne, les chevaux s'encourageant entre eux pour aller toujours plus vite si bien que l'on a presque l'impression de voler…. On arrive finalement à Combioulaz, au bord de la rivière où nous attend une bonne raclette au coin du feu, sous les arbres, 1600 mètres plus bas qu'au départ et habilement raclée par Julien alias « The Ravivée ». Mais c'est sans compter le coup de grâce, le feu d'artifice final: Le Brame du Cerf. On s'entasse dans la jeep qui nous mène jusqu'au sentier, ici plus un bruit, plus une parole et… plus une lumière: ce sont les conditions pour espérer entendre le seigneur des forêts valaisannes. C'est à tâtons que nous parvenons enfin dans la prairie qui fait face au bois où ils semblent s'être donné rendez-vous pour nous faire passer un moment inoubliable, sous un ciel éclairé d'étoiles, au son de leur complainte amoureuse. C'est le froid qui a finalement raison de la magie et c'est émerveillés que nous regagnons la voiture. Plus crevés que les chevaux, nous voici sur le chemin du retour, seul peut-être une douche nous motive un peu à rentrer…. |