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Reportage Franches-Montagnes

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Du souffle, du muscle et….du cœur

La tête fine et harmonieuse, bien greffée sur une encolure robuste, le petit cheval des montagnes se retourne. Il vous lance déjà un regard plein de douceur. Au creux de cette plaine à la tombée du jour, quelque part dans le Jura Suisse, du côté de Saignelégier, un sentiment extraordinaire vient de naître : une amitié forte et sincère entre l'homme et l'animal. Avec le Franches-Montagnes, c'est ainsi, on tombe sous le charme. Qui peut résister à son air bon enfant, à ses gros yeux généreux encore pleins de naïveté et de fraîcheur ?

La clef de son succès

Tout rond, du bout du nez à la pointe de la croupe, le franches-Montagnes inspire confiance. Il n'a pas d'état d'âme et semble toujours de bonne humeur, voilà sans aucun doute la clef de son succès.
Au point qu'aujourd'hui, en Suisse, le franches-Montagnes est devenu la référence en matière d'équitation de loisir. Son caractère facile, et surtout sa faculté d'adaptation à toutes les situations, en ont fait la coqueluche des cavaliers du dimanche.
Prodigieux compagnon de randonnée, il passe partout. Sûr et solide, son pied n'en est pas moins léger en terrain difficile. Ce n'est pas un hasard si les anciens le surnomment « Freiberger » celui qui franchit librement les montagnes.
Les adeptes du Franches-Montagnes exploitent à merveille sa docilité au travail. Très réputé à l'attelage, il se classe toujours en tête des compétitions locales. Randonnée, attelage, mais aussi dressage et saut d'obstacles, en fait il sait tout faire, même si, évidemment, il n'a pas l'ambition de concurrencer les chevaux de selle.

D'ailleurs, dans leur sélection, les éleveurs de Franches-Montagnes n'ont jamais eu cet objectif. Avec le grand boum du marché du cheval de sport et de loisir dans les années soixante, les éleveurs ont essayé de trouver eux aussi leur créneau.
Effectivement, il y avait alors une piste à suivre. Il n'existait pas, en Suisse, de race de chevaux de loisir proprement dite. Les amateurs de grands espaces et de tourisme vert avaient à leur disposition les « déchets » des autres disciplines, trotteurs, pur-sang ou chevaux de selle réformés. L'occasion a été donnée aux Franches-Montagnes de faire leur entrée dans le secteur du loisir. Phénomène récent, les éleveurs vont même jusqu'à exporter leurs produits.

Une monture de loisir

En France, la race est réputée pour l'attelage. En Allemagne, les cavaliers l'utilisent plutôt comme cheval de selle, mais aussi dans l'équitation pour handicapés. Conséquence directe de cet engouement : l'augmentation des effectifs chez les éleveurs. En 1970, on comptait 2800 poulinières Franches-Montagnes. Aujourd'hui, le chiffre est passé à 5300. Les éleveurs n'ont jamais baissé les bras, essentiellement grâce aux encouragements, primes et subventions de la Confédération pendant la période de crise qu'à connue ce secteur d'activités. Le Haras fédéral d'Avenches a toujours maintenu ses effectifs de reproducteurs.
Actuellement, 53 Franches-Montagnes font la monte au Haras (pour 43 demi-sang) avec plus de 2000 saillies chaque année. Signe de prospérité : l'étalonnerie privée commence à se développer sérieusement.
En trente ans, les éleveurs ont donc réussi à offrir aux cavaliers amateurs un cheval à la fois très polyvalent, facile mais vif, trapu et néanmoins agréable à monter.
Ils ont amélioré la race en l'adaptant aux exigences du cheval de loisir, mais ont conservé tout ce qui faisait déjà sa richesse, à savoir sa carrure, sa mobilité, la souplesse de ses allures et son endurance. Par définition, le Franches-Montagnes est un cheval harmonieux, avec une bonne musculature sur tout le corps. Sa taille varie entre 1m50 et 1m60, surtout pas davantage. La tête est noble et racée, l'œil bien ouvert, l'oreille courte et mobile. Le garrot doit être bien sorti, la ligne de dos solide, le rein bien attaché, sans oublier une croupe large, assez longue, mais surtout pas ravalée
   

Une bonne musculature

Son épaule reste bien inclinée et se prolonge par un avant-bras à la musculature dense. La qualité des articulations a évidemment beaucoup d'importance. Elles sont basses, plates et sèches.
Le canon est court et large, les tendons sont secs et bien fouillés, le paturon n'est ni trop court, ni trop large. Enfin, la jambe postérieure est normalement coudée, le jarret large et sec. Le pied doit être large avec un sabot sain en forme de cloche.
Sa solidité dans le modèle et sa grande capacité à l'effort font du Franches-Montagnes un cheval facile d'entretien. On ne voit jamais un Franches-Montagnes en mauvais état. De même, il est rare de le voir bouder son repas. Peu exigeant sur la qualité des fourrages, il est gourmand, mais pas gourmet. Une spécificité de cheval rustique qu'il revendique depuis plus de cent ans.
A l'origine le Franches-Montagnes est le fruit du croisement de juments indigènes avec des étalons anglo-normands assez compacts. Même si d'autres courants de sang ont été introduits, c'est bien le sang anglo-normand qui a été le plus souvent utilisé au début du siècle.

Du sang anglo-normand

L'étalon Vaillant, né en 1891 dans le Jura Suisse, est considéré comme le chef de la race des Franches-Montagnes. Par son père et sa mère, on  retrouve à deux reprises du sang anglo-normand, puisqueses parents étaient de la même mère, Poulette, fille d'anglo-normand. Bai clair, 1m62, Vaillant se distinguait par une excellente ligne de dessus, en particulier des reins bien détachés, une caractéristique toujours très actuelle de la race. Père de 7 étalons, Vaillant est si présent dans le Jura qu'il est quasi impossible de ne pas le voir apparaître dans un pedigree.

Par ailleurs, selon certains experts, du sang de hunters anglais et d'étalons ardennais aurait également été introduit naguère. La grande résistance du hunter, ses qualités au galop et à l'obstacle ont sans aucun doute profité au Franches-Montagnes. Quant à ses origines ardennaises, on retrouve chez le Franches-Montagnes des caractéristiques telles que le squelette solide, la bonne musculature, le modèle trapu et ramassé.
Certains affirment même qu'il y aurait eu, à la base, des juments de race norique, originaires du sud de l'Allemagne. Egalement robuste et de taille moyenne, le Norique aurait contribué à apporter les actions souples et assurées du Franches-Montagnes.

Mais depuis le début du siècle, les croisements ont stoppés. La seule modification récente du type est intervenue durant la seconde guerre mondiale et juste après.
Certains éleveurs ont cru quelque temps pouvoir concurrencer la mécanisation de l'agriculture en produisant des chevaux encore plus lourds, encore plus forts. Mais l'idée s'est vite avérée une erreur. Depuis, le type tend au contraire à s'alléger pour les besoins des loisirs.

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